Capture d’écran, reportage télévisé du 2 février 2011. Les affrontements de la place Tahrir, au Caire, filmés par un journaliste depuis l’hôtel Hilton-Ramses.
Qu’est-ce qu’une « bonne » image de conflit ? Où se fabriquent les images de guerre ? Comment faire une critique de ces images en produisant des images critiques ? Les projets récents d’Emanuel Licha portaient sur les camps d’entraînement militaire, qui fonctionnent comme des machines optiques à l’usage des soldats et des journalistes, et où la fiction vient amplifier et orienter le réel. Ce qui intéresse maintenant l’artiste, ce sont ces hôtels où se retrouvent les journalistes du monde entier chaque fois que survient un nouveau conflit, car c’est là que se croisent politiciens, négociateurs, experts et chefs militaires, et donc depuis là que se fabriquent les images et la « vérité » de la guerre.
Le travail vidéographique et photographique d’Emanuel Licha s’insère dans des problématiques urbaines et architecturales en traitant les objets du paysage comme autant d’indices sociaux, historiques et politiques. Ses projets récents questionnent les moyens utilisés pour observer et rapporter des événements violents et traumatiques. Après des études de maîtrise en géographie urbaine, Emanuel Licha a poursuivi des études en arts visuels à l’Université Concordia, à Montréal, et à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Lyon. Il enseigne les pratiques filmiques à l’École nationale supérieure d’architecture de Paris-La Villette, et est membre du Centre for Research Architecture, au Goldsmiths College, à l’University of London.